Vitamine C : de combien un cochon d'Inde a-t-il besoin ?

Un cochon d’Inde devant du poivron rouge et jaune, avec du foin à proximité.

Un cochon d’Inde a besoin d’un apport de vitamine C chaque jour, car son organisme ne la fabrique pas. Le Merck Veterinary Manual fixe ce besoin à au moins 10 mg par kilo de poids et par jour (30 mg/kg pour une femelle gestante). Chez un animal en bonne santé, des granulés pour cochon d’Inde frais et des légumes riches en vitamine C suffisent en général à le couvrir.

Ce guide explique d’où vient cette vitamine C, pourquoi elle disparaît des granulés, quand un complément se discute et pourquoi il ne faut jamais la mettre dans l’eau. La carence elle-même, ses signes et sa prise en charge sont traités dans carence en vitamine C chez le cochon d’Inde.

Pourquoi le cochon d’Inde dépend de sa ration

Comme l’humain et quelques autres mammifères, le cochon d’Inde ne peut pas produire de vitamine C (Merck). Il dépend donc entièrement de ce qu’il mange. Cette vitamine est indispensable à la peau, aux articulations, aux vaisseaux sanguins et aux gencives, et elle intervient dans la cicatrisation et les défenses immunitaires (Merck, VCA). Un apport insuffisant conduit au scorbut, et rend aussi l’animal plus sensible à d’autres maladies, notamment infectieuses (VCA).

C’est la principale différence avec le lapin, qui, lui, synthétise sa vitamine C (RSPCA). C’est aussi pourquoi les granulés pour lapin ne conviennent pas : ils ne contiennent pas assez de vitamine C pour un cochon d’Inde (Merck).

Combien de vitamine C ? Deux repères à ne pas confondre

SourceRepèreÀ qui il s’applique
Merck Veterinary ManualAu moins 10 mg par kg et par jourCochon d’Inde adulte
Merck Veterinary Manual30 mg par kg et par jourFemelle gestante
VCA Animal Hospitals10 à 50 mg par jourVariable selon l’âge, l’état de santé, le stress et la gestation

Les deux sources n’expriment pas le besoin de la même façon : le Merck le rapporte au poids, VCA donne une fourchette quotidienne et précise que le vétérinaire peut indiquer le besoin de chaque animal.

Ce que ces chiffres ne sont pas : une dose à ajouter. Ils décrivent l’apport total dont l’animal a besoin, toutes sources confondues. Chez un cochon d’Inde nourri correctement, la ration en fournit déjà une bonne part, voire la totalité. Ils ne disent pas non plus combien donner à un animal carencé : le traitement d’une carence relève du vétérinaire.

D’où vient la vitamine C de la ration

Les granulés pour cochon d’Inde, à condition qu’ils soient frais

Les granulés pour cochon d’Inde sont enrichis en vitamine C. Mais celle-ci est instable : elle se dégrade avec la chaleur, la lumière, l’humidité (Merck) et au contact de l’air (RSPCA). Le Merck précise que des granulés peuvent en perdre une grande partie en quelques mois.

D’où trois réflexes :

  • Respecter un délai d’utilisation. La PDSA conseille d’utiliser les granulés dans les trois mois suivant l’achat. VCA, de son côté, compte 90 jours à partir de la date de fabrication. Ces deux délais ne partent pas du même jour : quand la date de fabrication figure sur le sac, elle donne l’indication la plus prudente.
  • Bien les stocker : au sec, au frais et à l’abri de la lumière (PDSA). Un petit sac, consommé rapidement, garde mieux sa vitamine C qu’un grand sac entamé pendant des mois.
  • Donner une portion fraîche chaque jour, sans compléter la gamelle de la veille (RSPCA).

Les légumes et herbes riches en vitamine C

La RSPCA présente les légumes frais et les herbes comme d’excellentes sources de vitamine C, à faire tourner chaque jour. VCA cite notamment le poivron, les fleurettes de brocoli et de chou-fleur, et le persil. La PDSA recommande environ une tasse de légumes par cochon d’Inde et par jour, dont certains riches en vitamine C.

Certains de ces végétaux sont aussi riches en calcium, comme le persil ou le chou kale : ils se donnent sans excès (Merck). Les teneurs en vitamine C et en calcium des principaux légumes, issues de la table de composition Ciqual de l’ANSES, sont réunies dans quels légumes donner à un cochon d’Inde.

Les fruits, en appoint seulement

Certains fruits sont riches en vitamine C, mais ils sont aussi sucrés : ils restent occasionnels et en petite quantité (VCA, Merck). Ils ne sont pas une source sur laquelle compter au quotidien.

Faut-il donner un complément de vitamine C ?

Les sources convergent sur le principe : une ration bien composée suffit en général, et le complément se décide au cas par cas.

  • VCA : si l’animal reçoit des granulés dont la vitamine C est stable, du foin de fléole et des légumes verts, un complément n’est pas nécessaire.
  • PDSA : avec une ration équilibrée et des légumes riches en vitamine C chaque jour, un complément ne devrait pas être utile. Mais comme il est difficile de savoir si l’apport est suffisant, la PDSA propose, en cas de doute, un complément quotidien donné sur ou dans la nourriture.
  • Merck : parlez au vétérinaire des meilleures sources de vitamine C et des quantités adaptées à votre animal. Les multivitamines sont généralement déconseillées, certaines vitamines ajoutées pouvant être nocives pour le cochon d’Inde.

Quand en parler au vétérinaire

Un avis vétérinaire est utile si :

  • les granulés sont anciens, mal conservés, ou si l’animal n’en mange pas ;
  • il refuse la plupart des légumes, ou en mange très peu ;
  • il est jeune, âgé, gestant, malade ou stressé, des situations où VCA indique que le besoin varie ;
  • vous observez un signe évoquant une carence (voir l’encadré plus bas).

Lire l’étiquette d’un complément

Les compléments existent en comprimés à croquer ou en liquide à donner par la bouche (VCA). Leur concentration varie d’un produit à l’autre : il n’existe pas de nombre universel de gouttes ou de comprimés. Regardez la quantité de vitamine C par comprimé ou par millilitre, suivez les indications du fabricant et celles du vétérinaire. La PDSA estime qu’un surdosage est très peu probable avec une ration équilibrée et le respect des indications du produit, et le Merck précise que la vitamine C reste sûre même à doses plus élevées.

Pourquoi ne jamais mettre la vitamine C dans l’eau

C’est une pratique répandue, et les sources la déconseillent pour deux raisons :

  1. La vitamine C se dégrade vite dans l’eau, et encore plus à la lumière (VCA, PDSA). L’animal en reçoit donc beaucoup moins que prévu.
  2. Le goût peut le dissuader de boire (VCA, PDSA). Un complément destiné à le protéger peut ainsi réduire sa consommation d’eau.

Le Merck déconseille plus largement d’ajouter tout complément à l’eau de boisson.

Prévenir n’est pas traiter

SituationCe qui s’appliqueQui décide
Cochon d’Inde en bonne santéRation complète : granulés frais pour cochon d’Inde, légumes riches en vitamine C, foinVous, avec les repères ci-dessus
Doute sur la couverture des besoinsComplément éventuel, sur ou dans la nourriture, selon l’étiquetteVous, idéalement après avis vétérinaire
Signes de carence ou animal maladeDiagnostic, puis apport quotidien de vitamine C par la bouche ou par injection selon la prescription (Merck)Le vétérinaire

Signes qui doivent faire consulter : poil terne et rêche, réticence à se déplacer ou signes de douleur, pattes ou articulations gonflées, saignements ou ulcères des gencives ou de la peau, diarrhée, perte d’appétit (VCA). Ces signes ont d’autres causes possibles : seul le vétérinaire peut faire la part des choses. Ils sont détaillés dans carence en vitamine C chez le cochon d’Inde.

Si votre cochon d’Inde mange moins ou plus du tout, ne commencez pas par lui donner un complément : contactez le vétérinaire sans attendre. Voir mon cochon d’Inde ne mange plus.

Étape suivante

Vérifiez la date d’achat ou de fabrication de vos granulés, puis composez la part de légumes avec notre tableau des teneurs en vitamine C et en calcium. Pour replacer la vitamine C dans l’ensemble de la ration, voir que mange un cochon d’Inde.

Sources