Lapin et cochon d'Inde : peut-on les faire vivre ensemble ?
Il ne faut pas constituer un duo lapin et cochon d’Inde : la RSPCA, la PDSA et le Merck Veterinary Manual le déconseillent. Les deux espèces ne se comprennent pas, ne mangent pas la même chose, et le lapin peut blesser le cochon d’Inde ou lui transmettre une bactérie respiratoire. Si les vôtres vivent déjà ensemble et s’entendent bien, la RSPCA conseille en revanche de ne pas les séparer d’office, en prenant certaines précautions.
Votre situation détermine la conduite à tenir :
| Situation | Ce qu’il faut faire |
|---|---|
| Vous envisagez de les réunir | Ne le faites pas : chaque espèce a besoin d’un compagnon de la sienne. |
| Ils vivent déjà ensemble et s’entendent bien | Ne séparez pas d’office ; appliquez les précautions de la RSPCA et demandez l’avis du vétérinaire. |
| Il y a conflit, blessure ou signe de maladie | Mettez le cochon d’Inde en sécurité et consultez le vétérinaire. |
Pourquoi les sources déconseillent cette association
Ils ne se comprennent pas
Le lapin et le cochon d’Inde se comportent et communiquent de façon très différente (RSPCA). Ils ne comprennent pas les signaux de l’autre, ce qui peut provoquer des conflits, voire des bagarres (PDSA). Ce ne sont pas des compagnons adaptés l’un à l’autre, même s’ils se tolèrent.
Ils ne mangent pas la même chose
Le cochon d’Inde ne synthétise pas la vitamine C et doit la trouver dans sa ration ; le lapin, si (RSPCA). Leurs granulés ne sont donc pas interchangeables : les granulés pour lapin n’apportent pas assez de vitamine C au cochon d’Inde (Merck). Les quantités diffèrent aussi (PDSA). Dans une gamelle commune, il est difficile de savoir qui mange quoi.
Le lapin peut blesser le cochon d’Inde
Le lapin est en général bien plus grand. Il peut le blesser, volontairement ou non : un coup de ses puissantes pattes arrière, ou des tentatives de chevauchement qui peuvent léser le dos du cochon d’Inde (RSPCA). Il peut aussi le harceler, ce qui stresse le cochon d’Inde s’il ne peut pas s’éloigner (RSPCA, PDSA).
Un risque infectieux
La bactérie Bordetella bronchiseptica peut provoquer une maladie respiratoire chez le cochon d’Inde. Les lapins, mais aussi les chats et les chiens, peuvent la porter et la transmettre (RSPCA). Selon la PDSA, elle n’affecte généralement pas le lapin mais peut rendre le cochon d’Inde très malade. Le Merck déconseille de loger les deux espèces dans la même cage, certaines maladies pouvant passer de l’une à l’autre.
Une habitude d’une autre époque
Les lapins et les cochons d’Inde ont longtemps été logés ensemble, y compris en animalerie (PDSA), à une époque où la stérilisation des lapins était jugée risquée (RSPCA). La RSPCA explique que la stérilisation est désormais courante, ce qui facilite la vie avec des congénères de la même espèce. Toute opération garde des bénéfices et des risques individuels à discuter avec le vétérinaire.
Ils vivent déjà ensemble et s’entendent bien
La RSPCA estime que, si un lapin et un cochon d’Inde vivent déjà ensemble et s’entendent bien, mieux vaut ne pas les séparer, car la séparation pourrait les perturber. Elle pose trois conditions :
- Des cachettes réservées au cochon d’Inde, accessibles en permanence, avec une entrée assez grande pour lui mais trop petite pour le lapin.
- Des repas séparés si nécessaire, pour que chacun reçoive l’alimentation qui lui convient.
- Un lapin stérilisé, faute de quoi il risque de stresser ou de blesser le cochon d’Inde par des chevauchements ou du harcèlement.
La RSPCA renvoie au vétérinaire pour des conseils adaptés. La page PDSA déconseille la cohabitation mais ne traite pas ce cas particulier : son silence ne permet pas de conclure à un désaccord sur cette situation. Faites donc évaluer votre situation par le vétérinaire, en tenant compte de l’âge et de l’état de santé des deux animaux.
Restez attentif dans la durée. Si l’entente se dégrade ou si un signe de maladie apparaît, la situation change de catégorie.
Il y a conflit, blessure ou signe de maladie
La nuance de la RSPCA ne vaut que pour des animaux qui s’entendent bien. Elle ne s’applique pas à un cochon d’Inde blessé, malade ou harcelé.
- Mettez le cochon d’Inde en sécurité s’il est poursuivi, chevauché ou blessé.
- Faites examiner toute blessure.
- Surveillez les signes respiratoires chez le cochon d’Inde : éternuements, écoulement du nez ou des yeux, respiration difficile. Une difficulté à respirer est une urgence (PDSA).
- Demandez au vétérinaire comment organiser la suite pour les deux animaux.
Et après ?
Pour un nouveau groupe, privilégiez un lapin avec un lapin et un cochon d’Inde avec un cochon d’Inde (RSPCA, PDSA). Pour une association existante, préparez la suite avec le vétérinaire : n’ajoutez pas automatiquement de nouveaux animaux à l’installation.
- Pour le cochon d’Inde, voir un cochon d’Inde peut-il vivre seul ? et combien de cochons d’Inde adopter.
- Pour le lapin, voir un lapin peut-il vivre seul ? et faut-il adopter un ou deux lapins.
Quand l’un des deux disparaît, ne le remplacez pas par un animal de l’autre espèce.
Étape suivante
Si vous n’avez pas encore d’animal et hésitez entre les deux espèces, la comparaison est dans lapin ou cochon d’Inde : lequel choisir ? Les besoins de chaque espèce sont résumés dans la fiche du cochon d’Inde et la fiche du lapin.
Sources
- RSPCA — Keeping rabbits and guinea pigs together : raisons de ne pas les associer, Bordetella bronchiseptica, stérilisation, cas des animaux vivant déjà ensemble et précautions.
- PDSA — Vet Q&A: Can I keep rabbits with guinea pigs? : communication, taille, alimentation, bactérie respiratoire, compagnon de la même espèce.
- PDSA — Guinea pigs as pets : lapins et cochons d’Inde ne doivent pas vivre ensemble.
- PDSA — Guinea pig health : une difficulté respiratoire est une urgence.
- Merck Veterinary Manual — Providing a home for a guinea pig : ne pas loger lapins et cochons d’Inde dans la même cage.
- Merck Veterinary Manual — Diet for a guinea pig : granulés pour lapin insuffisants en vitamine C.